Entretien avec 2 maîtres de conférences ayant déjà bénéficié de formations dans le cadre de Défi International

Caroline Dufy - Maître de conférences et responsable du Master Intégration Européenne et Développement Global [IEDG] à Sciences Po Bordeaux - et Valérie Schurdi-Levraud - Maître de Conférences, UMR Biologie du Fruit et pathologie 1332 / Groupe Interactions Plantes/Virus à l'université de Bordeaux.

Entretien avec 2 maîtres de conférences ayant déjà bénéficié de formations dans le cadre de Défi International

Que vous a apporté ce stage?

C.D. Ce stage m'a donné l'opportunité, le temps et l'occasion de m'interroger sur mes pratiques pédagogiques et d'échanger avec d'autres enseignants sur les leurs. C'est paradoxalement une occasion peu fréquente dans le système universitaire actuel. Car il faut préciser que ce stage n'est pas juste un stage d'anglais destiné aux enseignants, mais il propose une réflexion sur la pédagogie, mais aussi des exercices, des approches alternatives ou différentes des mêmes sujets. Cela donne un panorama large et riche des différentes façons de faire. 

VSL. Effectivement,outre le travail sur l'anglais, l'intérêt est la mise en place de pratiques pédagogiques différentes. Certaines d'entre elles étaient déjà utilisées (travail en petits groupes, travaux amont, travaux suivis selon un fil rouge,...), d'autres sont plus nouvelles comme la classe inversée. L'utilisation de l'anglais "oblige" à ces nouvelles pratiques sous peine de "perte" des étudiants et d'épuisement de l'enseignant. Ces nouvelles pratiques (pour nous français, plutôt habitués à un face-à-face enseignant/enseigné) sont bien sûr plus concevables sur de petits groupes. L'enseignement en anglais demande aussi un changement des pratiques de l'enseignant mais aussi de l'enseigné.

Vous sentez vous plus en confiance pour enseigner en anglais?

C.D. J'enseignais déjà en anglais, mais cela m'a confortée dans ma pratique… Il s'agit d'enseigner le mieux possible dans une seconde langue à des étudiants pour qui l'anglais est souvent aussi une seconde langue. 

VSL. Oui … et notamment dans la démystification de l'usage de la langue anglaise dans le cadre de l'enseignement. Les modules m’ont apporté aussi dans la prise en compte de l'énergie requise pour l'enseignement mais aussi pour l'écoute et la nécessité de clarifier le discours.

Quel est l’impact sur votre façon de mettre en place vos cours ? Est-ce que vous avez testé certaines des idées/stratégies expérimentées pendant le stage ou envisagez-vous de le faire...?

C.D. Pour mon cours magistral, je vais mettre en place des quizz en classe à la fin de chaque partie de mon cours... et pour mon séminaire, je vais introduire des moments de classe inversée avec des travaux sur textes à faire restituer en classe par des étudiants d'un groupe à un autre et réciproquement. 

VSL. De mon côté, j’ai travaillé ma préparation aux cours afin de proposer un accès aux cours et documents en amont. J’ai découpé le cours en séquences, préparé des bilans intermédiaires, vérifié l'acquisition des connaissances et compétences par la prise de parole des étudiants.

Cette mise en pratique a été réalisée dans le cadre du master BBP. La venue de 2 étudiantes chinoises a "obligé" les étudiants à aller vers l'anglais et à échanger dans cette langue même entre français. Pour certains, la prise de parole semble encore être problématique. Je trouve néanmoins que l'anglais et ces nouvelles pratiques pédagogiques nous amènent à être encore plus proches des étudiants. L'internationalisation du master et la réalisation de ce stage sont l’occasion de faire un point sur nos pratiques et d’en élaborer de nouvelles. Tout en gardant le niveau de connaissance transmis souhaité, l'anglais oblige à décomplexifier le message.



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