« Forêt-bois », un secteur et des métiers d’avenir

« Forêt-bois », un secteur et des métiers d’avenir

Dans le cadre de la Fête du fleuve qui met l’arbre à l’honneur, Arnaud Frehel, en charge de l’optimisation de l’offre de formation forêt-bois sur le campus bordelais, répond à nos questions.

En quoi le secteur forêt-bois est-il un secteur d'avenir en France ?

Économiquement, la forêt est productrice de bois, ressource naturelle bénéficiant d’une filière économique qui lui est propre. En termes écologiques, la forêt est une très grande source de biodiversité, aussi bien végétale qu’animale, et nous permet de lutter contre l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique, d’avoir des sources d’eau potable… Socialement, la forêt répond aux attentes de la population française : promenade, paysage, culture, patrimoine, etc. Le secteur forêt-bois est donc un secteur d’avenir puisqu’il est durable.

Ce secteur est aujourd’hui en pleine mutation. Il génère 60 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel, mais affiche un déficit commercial de plus 5 milliards d'euros par an. Ainsi, nous disposons d'une grande ressource, mais nous ne parvenons pas à optimiser sa mobilisation. Résultat : nous importons des ressources qui se trouvent déjà en partie sur notre territoire. Une ressource qui en plus est amenée à être de plus en plus utilisée. A titre d’exemple, la demande en matériaux bio-sourcés (dans la construction, l’énergie, etc.) est en hausse constante depuis plusieurs années. Il y a donc une réelle volonté de la part de l'ensemble de la filière forêt-bois française de réussir à optimiser l’exploitation du bois disponible.

L’Aquitaine a un rôle majeur à jouer. Elle est la plus grande région forestière française et dispose du plus grand massif de production en Europe, le massif des Landes de Gascogne, qui s'étend sur 1 million d'hectares. A elle seule, l'Aquitaine produit près de 25% de toute la production française. Avec le projet de fusion des régions, la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes sera la plus grande région forestière européenne. Et attention, en France, l'exploitation forestière n'est pas synonyme de déforestation, bien au contraire.

Quels sont les métiers phares de demain ?

Aujourd’hui près de 40 000 personnes travaillent dans la filière forêt-bois en Aquitaine. Et ce n’est pas près de s’arrêter. Demain, nous aurons besoin de deux profils : les « mobilisateurs » et « les gestionnaires ». Les « mobilisateurs » travaillent à optimiser l’exploitation du bois non valorisé aujourd’hui, aussi bien en amont (par exemple, dans les bureaux d'études et les Centres régionaux de la propriété forestière) qu'en aval (auprès des responsables d'approvisionnement, des industriels, etc.). En parallèle, les « gestionnaires », une fois la ressource accessible, s'occuperont de gérer durablement la forêt afin qu'elle puisse produire du bois sur le long terme tout en respectant le milieu naturel. On retrouvera ces « gestionnaires » à l'Office national des forêts, dans les coopératives forestières, etc.

Il est également important de souligner que le bois revient dans la construction des bâtiments qui nous entourent de par ses caractéristiques mécaniques très intéressantes et son aspect écologique indéniable.

Enfin, de nouvelles technologies permettent une haute valorisation des composés du bois (dans la cosmétique, la pharmaceutique, l’alimentaire, l’énergie…). Il s'agit d'une branche relativement récente de la filière. On parle de « chimie verte ».

Aujourd’hui, l’université de Bordeaux et ses partenaires proposent des formations dans l’ensemble de ces domaines : mobilisation, gestion, transformation, construction, chimie… aux niveaux licence, master et ingénieur.

L'université de Bordeaux et ses partenaires travaillent actuellement à une refonte de l'offre de formation. Quels sont les projets en cours ?

A travers l’Initiative d’excellence de l’université de Bordeaux, l’enjeu aujourd’hui est de développer et valoriser l’offre de formation initiale et continue auprès des étudiants et des professionnels, mais aussi de proposer des méthodes d'enseignement innovantes. Le projet de la Forêt-Ecole des Agreaux en est un exemple tout à fait parlant. Pour faire simple, il s'agit à la fois d'une salle de cours et d'un laboratoire naturel de 860 hectares, situé au cœur du massif des Landes de Gascogne.

Il y a également un projet de formation bi-diplômante entre l’université de Bordeaux et l’Université de Laval au Québec dans les domaines de l’écologie et des sciences forestières. Et ceci n’est bien sûr qu’un aperçu de l’ensemble des chantiers en cours. Nous croyons fortement à cette filière et la mutualisation des forces (universités, écoles, monde socio-économique…) permettra de former au mieux les professionnels de demain.



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