Les MARchés de la Santé comme COnstructions POLitiques et Organisationnelles (MARSCO POLO)

Le premier axe développé a été celui du rapport entre les experts, les firmes et les patients dans la production des catégories médicales et des innovations pharmaceutiques.

MARSCO POLO est un projet pluridisciplinaire dont l’objectif est d’analyser le rôle respectif de l’innovation pharmaceutique par l’industrie, de son évaluation par les scientifiques et par les administrations ainsi que celui du travail politique de ces différents acteurs (lobbying, construction de réseaux, etc.) sur la création de valeurs, sur les formes du marché et les business models[1] des entreprises. L’équipe de Matthieu Montalban au GREThA aborde ainsi pour la première fois le marché (en particulier celui de la santé) comme un concept construit par différents acteurs (et non possédant un ordre naturel), dont la valeur est dictée par ces mêmes protagonistes. 

Le premier axe développé a été celui du rapport entre les experts, les firmes et les patients dans la production des catégories médicales et des innovations pharmaceutiques. En priorisant le TDHA[2] et la place des médicaments orphelins, il ressort qu’un changement apparaît, depuis quelques années, dans les relations construites entre ces différents acteurs. Ce dernier est notamment dû à une croissance rapide du marché grâce au lobbying d’association et de patients auprès des ministères. Le deuxième point développé au cours de ce projet était la construction sociale de la valeur du médicament.

Il a ainsi été mis en lumière que l’industrie pharmaceutique tente d’abandonner le modèle blockbuster sous la pression des changements dans l’évaluation et la réglementation des médicaments –ceux considérés comme orphelins et la diversification devenant prioritaires. Le troisième et dernier volet de recherche concernait la coévolution entre business models pharmaceutiques et institutions marchandes à partir de l’étude et de l’expertise des agences d’Health Technology Assesment[3] (HTA). Il apparaît que l’expertise anglo-saxonne s’impose face à une faiblesse relative de l’HTA en France, la fixation des prix étant un compromis où l’expertise médico-scientifique est pauvre. Il existerait un lien entre niveau de publication, réputation des agences et les tentions économiques dans les décisions.


[1] Un Business model (*) décrit la logique de l’entreprise, la façon dont elle opère et crée de la valeur afin d’assurer sa pérennité. C’est en quelque sorte une représentation du système “entreprise”, une modélisation de la façon dont une entreprise fait du “business”.

[2] Trouble Déficit de l’Attention Hyperactivité

[3] Health Technology Assessment est un champ pluridisciplinaire d’analyse politiques qui étudie les implications médicales, sociales, étiques et économiques du développement, de la diffusion et de l’usage des technologies de santé.

  • Coordinateur du projet : Matthieu Montalban
  • Volet : Sciences et société
  • Laboratoire : Groupe de Recherche en Economie Théorique et Appliquée (GREThA) GREThA – unité mixte de recherche 5113 CNRS/Université Bordeaux IV


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